jeudi 22 juin 2006.
Le Collectif des Précaires de Cayenne s'est constitué le 8 juin 2006. Il est composé essentiellement de personnels non titulaires (non syndiqués) de l'Éducation nationale soutenus par des agents titulaires et une large intersyndicale.
Notre réunion hebdomadaire se veut un espace de rencontre, d'information, de réflexion et d'action concentrées, avant tout, sur la lutte contre la précarité dans l'Éducation. Le combat contre la précarité est le combat de tous
Nous entendons : Alerter et mobiliser l'opinion publique sur la situation des précaires de l'Éducation nationale qui sont sacrifiés, dans une indifférence presque totale, à l'autel de la rentabilité et de la flexibilité.
Dans l'académie de Guyane, à la rentrée, combien enseignants, après 1, 2, 3, voire plus de 4 ans de services ont été « remerciés » par le rectorat. D'autres sont forcés d'accepter des postes a temps complets invraisemblables (c'est ainsi que l'on peut rencontrer un collègue vaquant sur cinq établissement différents...), à des kilomètres de leur domicile, sans défraiements et pour une rémunération indécente, mise en paiement le plus souvent après de longs mois d'attente. Le versement des allocations des contractuels au chômage prend, lui aussi, des délais inacceptables.
Les vacataires, statut le plus fragile de la fonction publique et du monde du travail en général, rémunérés à l'heure et dont le service est (théoriquement...) plafonné à 200H00 annuelles, sont de plus en plus nombreux puisque la politique actuelle des rectorats, dictée par les impératifs budgétaires de la LOLF (nouvelle Loi Organique sur la Loi des Finances) est de cultiver le précariat et de ne plus contractualiser. Ils constituent un « vivier » extensible et inépuisable d'agents interchangeables, qui, tout en effectuant le même travail que leurs collègues, ne bénéficient pas des mêmes indemnisations. Ce sont des personnels invisibles, sans droits (pas de couverture sociale, pas de garantie d'emploi, pas de congés payés et une période d'essai qui dure ad vitam aeternam...), donc corvéables à merci. Ils sont difficiles à recenser et à mobiliser parce que les académies les maintiennent dans une situation intolérable d'isolement, de concurrence et de survie. Au terme de leur 200H00 de vacation, ils sont « liquidés » sans autre forme de procès.
Parce que la reconversion n'est pas facile, même avec BAC+2, +3, +4 ..., les vacataires et les contractuels en fin de droits sont contraints, s'ils veulent survivre, de demander le RMI ou d'autres minima sociaux. Ils disparaissent des listings académiques, ne sont plus comptabilisés comme non titulaires et les rectorats et le ministère peuvent alors prétendre que le nombre de précaires de l'Éducation diminue et éluder la question de la titularisation de ces personnels.
Aucune mesure n'est envisagée pour résorber la précarité dans l'Éducation en remplacement du dispositif de titularisation Sapin qui a pris fin en juin 2005. Ce plan, par ailleurs, n'a pas satisfait entièrement son objectif de résorption des non titulaires puisque les conditions d'accès aux différents concours, très restrictives, ont singulièrement limité le nombre des ayants droit et que la notation, plus « pointilleuse » que pour les autres concours, a restreint le nombre de lauréats.
La diminution constante des postes aux concours, -30% pour la session 2006, la disparition de certaines disciplines et les privilèges accordés depuis 2001 à l'enseignement privé ( 1795 postes ouverts au CAPES interne dans le privé contre 1250 dans le public en 2005, pour la même épreuve : moins de candidats et une note d'admissibilité plus basse pour les concours du privé, 1 candidat sur 2 admis dans le privé contre 1 candidat sur 8 dans le public ...) traduisent la volonté de désengagement financier de l'État pour le service public d'éducation.
Dans notre académie, des non titulaires expérimentés, des enseignants spécialisés, des lauréats à l'admissibilité de concours dont l'admission est abusivement refusée, vivent le même drame à chaque rentrée. Alors qu'ils ont assumé leur fonction avec conscience et professionnalisme, alors que leurs compétences pédagogiques sont reconnues, ils sont balayés sans ménagement.
Parce que la prochaine rentrée promet malheureusement d'être tragique pour nombre de personnels non titulaires de l'Éducation (enseignants, personnels techniques, ATOS, emplois vie scolaires...), parce que la récente mobilisation contre le CPE, la constitution de nombreux collectifs comme le nôtre prouvent que nous sommes nombreux à dénoncer et à refuser la précarité, nous faisons appel au soutien, à la solidarité et à l'action de tous pour lutter contre la précarisation et organiser la défense de nos droits et de notre dignité.
Nous revendiquons :
•La garantie de réemploi de tous les non titulaires dans des conditions décentes
•Mise en place de dispositifs d'intégration (VAE, préparations aux concours...)
•Réouverture des concours spécifiques
•Maintien sur poste vacant dans le même établissement d'une année à l'autre
•Organisation des épreuves orales des concours aux Antilles-Guyane
•L'égalité de rémunération et de droits pour le même service
COLLECTIF DES ENSEIGNANTS NON TITULAIRES SECTION CAYENNE
MAISON DES ASSOCIATIONS
( Angle des rues Arago et Héder )
email : cent_cay@hotmail.com
Le Collectif des Précaires de Cayenne s'est constitué le 8 juin 2006. Il est composé essentiellement de personnels non titulaires (non syndiqués) de l'Éducation nationale soutenus par des agents titulaires et une large intersyndicale.
Notre réunion hebdomadaire se veut un espace de rencontre, d'information, de réflexion et d'action concentrées, avant tout, sur la lutte contre la précarité dans l'Éducation. Le combat contre la précarité est le combat de tous
Nous entendons : Alerter et mobiliser l'opinion publique sur la situation des précaires de l'Éducation nationale qui sont sacrifiés, dans une indifférence presque totale, à l'autel de la rentabilité et de la flexibilité.
Dans l'académie de Guyane, à la rentrée, combien enseignants, après 1, 2, 3, voire plus de 4 ans de services ont été « remerciés » par le rectorat. D'autres sont forcés d'accepter des postes a temps complets invraisemblables (c'est ainsi que l'on peut rencontrer un collègue vaquant sur cinq établissement différents...), à des kilomètres de leur domicile, sans défraiements et pour une rémunération indécente, mise en paiement le plus souvent après de longs mois d'attente. Le versement des allocations des contractuels au chômage prend, lui aussi, des délais inacceptables.
Les vacataires, statut le plus fragile de la fonction publique et du monde du travail en général, rémunérés à l'heure et dont le service est (théoriquement...) plafonné à 200H00 annuelles, sont de plus en plus nombreux puisque la politique actuelle des rectorats, dictée par les impératifs budgétaires de la LOLF (nouvelle Loi Organique sur la Loi des Finances) est de cultiver le précariat et de ne plus contractualiser. Ils constituent un « vivier » extensible et inépuisable d'agents interchangeables, qui, tout en effectuant le même travail que leurs collègues, ne bénéficient pas des mêmes indemnisations. Ce sont des personnels invisibles, sans droits (pas de couverture sociale, pas de garantie d'emploi, pas de congés payés et une période d'essai qui dure ad vitam aeternam...), donc corvéables à merci. Ils sont difficiles à recenser et à mobiliser parce que les académies les maintiennent dans une situation intolérable d'isolement, de concurrence et de survie. Au terme de leur 200H00 de vacation, ils sont « liquidés » sans autre forme de procès.
Parce que la reconversion n'est pas facile, même avec BAC+2, +3, +4 ..., les vacataires et les contractuels en fin de droits sont contraints, s'ils veulent survivre, de demander le RMI ou d'autres minima sociaux. Ils disparaissent des listings académiques, ne sont plus comptabilisés comme non titulaires et les rectorats et le ministère peuvent alors prétendre que le nombre de précaires de l'Éducation diminue et éluder la question de la titularisation de ces personnels.
Aucune mesure n'est envisagée pour résorber la précarité dans l'Éducation en remplacement du dispositif de titularisation Sapin qui a pris fin en juin 2005. Ce plan, par ailleurs, n'a pas satisfait entièrement son objectif de résorption des non titulaires puisque les conditions d'accès aux différents concours, très restrictives, ont singulièrement limité le nombre des ayants droit et que la notation, plus « pointilleuse » que pour les autres concours, a restreint le nombre de lauréats.
La diminution constante des postes aux concours, -30% pour la session 2006, la disparition de certaines disciplines et les privilèges accordés depuis 2001 à l'enseignement privé ( 1795 postes ouverts au CAPES interne dans le privé contre 1250 dans le public en 2005, pour la même épreuve : moins de candidats et une note d'admissibilité plus basse pour les concours du privé, 1 candidat sur 2 admis dans le privé contre 1 candidat sur 8 dans le public ...) traduisent la volonté de désengagement financier de l'État pour le service public d'éducation.
Dans notre académie, des non titulaires expérimentés, des enseignants spécialisés, des lauréats à l'admissibilité de concours dont l'admission est abusivement refusée, vivent le même drame à chaque rentrée. Alors qu'ils ont assumé leur fonction avec conscience et professionnalisme, alors que leurs compétences pédagogiques sont reconnues, ils sont balayés sans ménagement.
Parce que la prochaine rentrée promet malheureusement d'être tragique pour nombre de personnels non titulaires de l'Éducation (enseignants, personnels techniques, ATOS, emplois vie scolaires...), parce que la récente mobilisation contre le CPE, la constitution de nombreux collectifs comme le nôtre prouvent que nous sommes nombreux à dénoncer et à refuser la précarité, nous faisons appel au soutien, à la solidarité et à l'action de tous pour lutter contre la précarisation et organiser la défense de nos droits et de notre dignité.
Nous revendiquons :
•La garantie de réemploi de tous les non titulaires dans des conditions décentes
•Mise en place de dispositifs d'intégration (VAE, préparations aux concours...)
•Réouverture des concours spécifiques
•Maintien sur poste vacant dans le même établissement d'une année à l'autre
•Organisation des épreuves orales des concours aux Antilles-Guyane
•L'égalité de rémunération et de droits pour le même service
COLLECTIF DES ENSEIGNANTS NON TITULAIRES SECTION CAYENNE
MAISON DES ASSOCIATIONS
( Angle des rues Arago et Héder )
email : cent_cay@hotmail.com